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TOUT QUITTER POUR DEVENIR PAYSAN : UNE DÉMARCHE MILITANTE

La crise du coronavirus permet de se rendre compte de la fragilité de notre modèle économique, ne serait-il pas temps de repenser nos modes de vie ? Certains ont sauté le pas : ils ont tout quitté pour devenir paysan.

Beaucoup se sentent inutiles pendant cette crise et pensent à une reconversion professionnelle. Certains envisagent un retour à la terre pour se reconnecter à la nature. Devenir paysan pour développer une certaine auto-suffisance face au système industriel. C’est un choix de vie porteur de sens, il permet de revaloriser les métiers manuels et le lien avec le vivant.

Tout quitter pour s’installer à la campagne ? C’est le choix de plusieurs milliers de français chaque année. Les néo-paysans représentent aujourd’hui 30% des installations agricoles, soit deux fois plus qu’il y a dix ans. Ils sont ingénieurs, informaticiens, secrétaires, pharmaciens et viennent s’engager durablement à la campagne. On ne naît plus paysan, on le devient. Les enfants d’agriculteurs n’étant plus assez nombreux à vouloir prendre la relève, les néo-paysans sont devenus indispensables à la profession.

Ces citadins ne connaissent presque rien à l’agriculture et les débuts sont souvent difficiles. Ils doivent tout apprendre car ils ne bénéficient d’aucun héritage. La soif de connaissance et l’enthousiasme d’une existence plus simple, en accord avec leurs convictions leur permet d’affronter les difficultés. Pour exercer un métier qui a du sens, il faut être prêt à perdre en sécurité et parfois en revenu. Les néo-paysans ont déserté le marché du travail, lâché leur appartement pour se réapproprier les gestes essentiels : se nourrir, renouer avec les saisons, travailler le vivant. Ils persistent et sont guidés par le bonheur de la découverte d’un nouveau monde.

Le besoin de construire un modèle différent se fait de plus en plus fort dans nos sociétés. C’est ce que recherchent ces nouveaux paysans qui testent et inventent d’autres modes de production agricoles. Ils privilégient la permaculture, mettent en place des installations collectives, inventent de nouveaux outils et valorisent la vente direct. Notre système agricole basé sur le productivisme et l’agrocapitalisme n’est plus viable, il faut aujourd’hui se diriger vers une agriculture plus respectueuse de l’environnement. 

Les néo-paysans sont porteurs d’une transition agroécologique et d’un mouvement qui transcende les catégories sociales. Être paysan est une vocation pleine de sens et d’impacts : nourrir la société autrement permet d’inventer le monde de demain. 

Les modes de vie alternatifs sont souvent marginalisés par notre société, alors que c’est ce qui permet une transition écologique.  La crise du coronavirus met en avant les impacts désastreux du système industriel. Il est urgent de changer pour construire un modèle différent : plus respectueux de notre planète. 

Aline Deprez

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