LES ALBATROS, CES ESPIONS DE LA PÊCHE ILLÉGALE Environnement

LES ALBATROS, CES ESPIONS DE LA PÊCHE ILLÉGALE

Le 27 janvier dernier, le PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences of the USA) publie les résultats du projet Ocean Sentinel : le nombre de navires de pêche illégale dans l’océan austral a pu être estimé grâce aux albatros.

La pêche INN, pêche Illégale, non déclarée et non réglementée représente environ 12 à 28% des captures mondiales. Elle participe à la surexploitation des océans, à la destruction des écosystèmes et déséquilibre l’économie des pays concernés. En haute mer comme en zone de juridiction nationale, la pêche INN utilise souvent des engins destructeurs des fonds marins comme des explosifs ou du poison. Pour lutter contre ce type d’exploitation marine, les différentes institutions et chercheurs du monde tentent de trouver des solutions.

Ocean Sentinel, programme labellisé par le Conseil Européen de la recherche est né suite au déclin démographique des albatros dans l’océan austral. Souhaitant éclairer les causes de mort prématurées des oiseaux et soupçonnant la pêche illégale, le programme s’est associé aux Centre d’études biologiques de Chizé composé de chercheurs du CNRS et la Rochelle Université. 

Les albatros ont la particularité de couvrir de longues distances de vol et d’être attirés par les bateaux de pêche. Les chercheurs ont donc équipé 169 oiseaux de balises pendant une période de 6 mois. Ces balises équipées d’un détecteur de radar permettent l’identification de la position de navires de pêche. En l’absence d’un répertoriage par l’AIS, ces navires non déclarés sont considérés comme des navires de pêche illégale.

Selon le rapport publié par le PNAS, 36% des bateaux repérés n’étaient pas identifiables sur une zone de 47 millions de km2 de l’océan austral. Plus d’un tiers des bateaux de pêche présents dans cette zone pratiqueraient la pêche illégale. Le projet a également permis de confirmer l’augmentation du taux de mortalité des albatros dû à la pêche.

Le projet Ocean Sentinel a donc permis un contrôle sur la pêche INN dans l’océan austral mais également des avancées scientifiques concernant les albatros. Plus efficace et moins chère qu’une patrouille maritime, cette méthode est en ce moment testée par la Nouvelle Zélande et par Hawaii. Souhaitant eux aussi évaluer la quantité de bateaux de pêche illégaux pour immobiliser, ces pays envisagent cette nouvelle méthode et pensent même à l’appliquer sur les tortues et les requins. 

Il est aujourd’hui urgent de mettre fin à la pêche illégale pour le bien des écosystèmes sous-marins ! Si les différents moyens de lutte contre la pêche INN sont souvent réalisables à l’échelle des organisations ou du gouvernement, chacun a la possibilité d’agir de manière individuelle. Se sensibiliser à des choix responsables de produits de la mer est un premier pas non négligeable vers le ralentissement de la pêche illégale ! Évitez les produits importés qui pour la plupart proviennent de pays où la pêche illégale domine. Privilégiez plutôt les poissons certifiés par des écolabels comme le MSC, le label Artysanal, ou le label Pêche Durable. Pour en savoir plus sur la lutte contre la pêche INN, soutenez les associations comme Sea Shepherd ou WWF !

Louise Guthauser

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